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La loutre commune (Lutra lutra)

La loutre commune 1

La loutre commune a été aperçue pour la première fois à Anjar en 2007 grâce à la caméra de surveillance d’un restaurant. Ceci a conduit la SPNL à effectuer des recherches sur cette espèce et à déployer des efforts pour la protéger.

Description :

La loutre commune (Lutra lutra) est un mammifère qui appartient à la famille des Mustélidés comme le blaireau, la fouine, le putois ou la belette. Sa taille (queue comprise) varie entre 1 m chez la femelle à 1,25 m chez le mâle, son poids atteint en moyenne 9 kg pour le mâle et 7,5 kg chez la femelle (Libois,1997). De nombreuses adaptations morphologiques lui permettent de se déplacer très facilement dans l’eau : la palmure de ses pattes, une queue musclée qui lui sert de gouvernail, de longues vibrisses qui lui permettent de repérer les proies en eaux troubles, des narines et des oreilles qui se ferment hermétiquement lors des plongées, des poils denses qui forment une protection naturelle contre le froid et des yeux parfaitement adaptés à la vision sous l’eau.

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Habitat et distribution:

La loutre vit à la fois sur la terre ferme et dans une grande diversité de milieux aquatiques. On la retrouve en eau douce dans les rivières, les lacs, les marécages, les canaux et parfois même dans des fossés avec seulement quelques centimètres d’eau. Elle apprécie également les eaux saumâtres comme les lagunes mais aussi dans l’eau salée comme les côtes marines et les estuaires. Son gîte est appelé une catiche, c’est en réalité une cavité dans une berge, un arbre creux ou un simple terrier. L’entrée peut être immergée ou non et la chambre peut avoir une cheminée d’aération.

La loutre est présente en l’Europe, en Afrique du Nord, à l’est de la Méditerrannée et dans une grande partie de l’Asie.

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Comportement :

La loutre est un animal charmant et joueur, cependant méfiant et craintif. Elle chasse le plus souvent de nuit, surtout au voisinage de l’homme et les possibilités de l’apercevoir sont très rares. Quand les ressources alimentaires de son territoire s’appauvrissent, elle peut parcourir de grandes distances pour passer d’un cours d’eau à un autre. A l’occasion, elle s’aventure volontiers dans les estuaires des fleuves où l’on peut repérer ses empreintes dans la vase. La loutre vit en solitaire sur un vaste territoire qu’elle parcourt inlassablement. Elle en marque les limites en déposant sur des pierres ou des troncs abattus des déjections, appelées épreintes, qui dégagent une odeur caractéristique destinée à décourager les autres loutres. Le territoire du mâle chevauche souvent celui de plusieurs femelles. Les longueurs de ces territoires peuvent varier selon la densité des populations. La loutre occupe des couches à l’air libre où elle se repose en journée dans les endroits où la quiétude est importante (Rosoux & Libois, 1996, Bouchardy, 2001). Dans les milieux où les dérangements sont importants, les gîtes se trouvent dans des endroits très peu accessibles (terriers, cavités naturelles, arbrecreux, ronciers impénétrables, etc.).

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Reproduction :

Les loutres se reproduisent toute l’année. Plusieurs femelles peuvent cohabiter sur le territoire d’un mâle qui s’accouple avec elles quand elles sont disponibles. La gestation dure 2 mois et la femelle met généralement bas une portée de 2 à 3 loutrons dans une “catiche”, un terrier creusé dans la rive d’un cours d’eau. Mais il lui arrive aussi d’utiliser le terrier abandonné d’un lapin, même s’il est situé à plusieurs centaines de mètres de l’eau. Pendant les 6 premières semaines de leur existence, les petits sont totalement dépendants de leur mère et passent la plus grande partie de leur temps à téter et à dormir. Le mâle ne joue aucun rôle dans leur éducation, d’autant que la mère le chasse dès qu’elle a mis bas. A partir de 8 à 9 semaines, les petits font de brèves sorties nocturnes. Et à 12 mois, ils sont capables de se débrouiller seuls. La loutre vit 19 ans en moyenne.

Alimentation et chasse :

La loutre se nourrit principalement de poisson, son choix se portant généralement sur les proies les plus faciles à capturer. A cette alimentation de base s’ajoutent d’autres animaux : crustacés, oiseaux aquatiques, grenouilles, jeunes lapins, ainsi que des crabes dans les régions maritimes. Sa consommation journalière est d’environ 1 kg de nourriture

Agile et très rapide dans l’eau, la loutre capture sa proie au terme d’une brève poursuite qui l’amène souvent à l’acculer dans une épaisse touffe de plantes aquatiques. Elle l’attaque par en dessous et la saisit entre ses dents acérées, avant de la dévorer sur la terre ferme. Les jeunes apprennent à nager vers l’âge de dix à douze semaine, quand leur fourrure est devenue parfaitement imperméable. Et c’est alors seulement qu’ils commencent à chasser.

Lorsqu’elle ne trouve pas assez de nourriture, la loutre peut s’attaquer à des fermes piscicoles, au grand dam de leurs propriétaires.

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Prédateurs et menaces:

Les loutres sont chassées par les aigles, les chacals et les loups.

Les principales menaces sont la destruction des habitats, la dégradation des milieux aquatiques, l’isolement et la fragmentation des populations, les dérangements et perturbations humaines, qui paraissent toutes jouer un rôle significatif dans la disparition progressive de l’espèce.

De par ses exigences au niveau de la qualité des habitats et des eaux, de la disponibilité en nourriture du milieu (poissons, batraciens, etc.), de son besoin de quiétude la loutre est un très bon indicateur de la qualité des cours d’eau et des zones humides.

Sa place au sommet de la pyramide alimentaire fait de la loutre une espèce parapluie, c’est-à-dire que les actions réalisées en sa faveur sont utiles à de nombreuses autres espèces : poissons, batraciens, libellules, oiseaux, petits mammifères, mollusques, etc.

Garantir la sauvegarde des habitats de la loutre, c’est garantir la préservation de milieux précieux mais aussi fragiles.

Au niveau international, la loutre commune (Lutra lutra) figure dans la Liste Rouge mondiale de l’UICN (2008) et classée dans la catégorie « quasi menacée ».