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Autonomisation des femmes de la Hima Al-Qoleileh : histoire d’un changement

Tala Moukaddem – Gestionnaire de Projet – SPNL

La SPNL exécute un projet intitulé “Promotion de l’autonomisation des femmes des Himas pour la conservation et la subsistance » financé par l’ONU-Femmes pour l’égalité des sexes. Ce projet a pour objectif d’améliorer les conditions de vie des femmes grâce à des compétences acquises et à des moyens de revenus accrus dans les Himas, dont celles de Anjar, Kfar-Zbad, El-Fekha et Qoleileh Mansouri.

La Hima Al-Qoleileh a été incluse dans le projet l’année dernière. La première étape fut de rassembler un groupe de femmes intéressées, le défi étant non seulement susciter leur attention, mais de maintenir leur intérêt tout au long du projet. La plupart des femmes ont ensuite invité leurs proches et leurs amies à participer au projet et à assister aux sessions de formation.

A la différence des autres sites où nous avions développé le projet, la nouvelle approche à Qoleileh était basée sur nos expériences précédentes. Plutôt que de commencer les formations par la « Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes » (CEDAW), et les droits de la femme, suivies d’ateliers sur le leadership et la prise de décision, nous avons préféré débuter par les formations techniques pour motiver les femmes à persévérer dans le projet, d’autant que les femmes de Qoleileh sont dans le besoin et que nous pouvons, grâce à ces acquisitions de compétences et à des activités génératrices de revenus, les aider à améliorer leurs moyens de subsistance.

Cette approche s’est révélée positive pour garder le groupe motivé. Les formations, encadrées par une créatrice que nous avions sélectionnée, ont commencé en septembre 2014. Les femmes ont appris à confectionner manuellement des accessoires à partir de ressources naturelles, coquillages et autres matériaux usagés, décoration de galets, peinture sur tissu, peinture au pochoir et au tampon, créations en papier et peinture sur verre.

10 sessions de formation ont été effectuées. La première, menée le 20 septembre 2014, a réuni 12 femmes des deux villages de Qoleileh et de Mansouri autour de la fabrication d’accessoires. L’objectif principal de cette première session était de tester leurs capacités d’apprentissage et leur motivation, qui de sont avérées très positives. En partant, elles ont demandé à emporter des fils de couleur afin de commencer à tisser des bracelets chez elles. Une femme, Aazab Hassoun, a attiré mon attention. Elle s’était invitée d’elle même et avait simplement décidé d’assister à la session. Au début, c’est celle qui peinait le plus avec son premier bracelet. Pourtant, elle a persévéré et était très désireuse d’apprendre la technique nécessaire. Finalement, au bout de 30 minute de lutte, elle a réussi à fabriquer son premier bracelet, puis à en faire trois autres plus rapidement que les autres participantes. Elle est ensuite partie avant la fin de la séance, emportant à la hâte quelques fils et fournitures.

Je l’ai croisée un peu plus tard, devant son épicerie en face de la municipalité, toujours en train de confectionner des bracelets. J’étais très heureuse de réaliser qu’elle avait délaissé sa boutique, sa principale source de revenus, pour venir nous rejoindre, et apprendre quelque chose de nouveau mais surtout poursuivre cette activité dans son épicerie.

Je considère que c’est l’histoire d’un changement, un changement de comportement, d’efforts persistants et elle ne s’est pas découragée. Ceci indique que nous devons motiver les femmes qui sont capables d’apprendre, de développer et de consolider leurs capacités dans notre société pour améliorer leurs revenus. Aazab devrait être un modèle pour les autres femmes qui estiment ne rien pouvoir changer à leur situation. Elle a prouvé le contraire grâce à son travail acharné et à sa détermination. Au terme d’une seule session de formation, elle a franchi une étape et a pris confiance en elle et dans ses capacités. Depuis, Aazab n’a raté aucune scéance, délaissant son épicerie pour y assister. Elle est la personne la plus engagée, persuadée que les femmes peuvent produire le changement, et elle est très active pour motiver et encourager les autres femmes à participer aux ateliers de formation.

Il est à noter que durant les sessions de formation, les femmes travaillaient à un rythme plus rapide que nous l’avions estimé, il fallu donc augmenter le volume des fournitures de base nécessaires, ce qui démontre que les femmes sont capables d’acquérir et de développer de nouvelles compétences si la chance leur en est donnée ; c’est ce que ce projet leur permet.

Cela est très encourageant pour les futures sessions de formation sur la CEDAW, aux droits de la femme, au leadership et à la prise de décision et apporte un espoir aux femmes d’être intégrées dans les processus de prise de décisions.

 

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